Relations toxiques

 Si les différends arrivent souvent dans n’importe quelle relation, il est cependant parfois fastidieux de différencier un comportement toxique de simples mésententes. Lorsqu’il s’agit de la relation que l’on entretient avec l’un ou ses deux parents, il est d’autant plus difficile de le reconnaître. Alors comment reconnaître dans un premier temps la relation toxique, et surtout, comment s’en défaire ?

Une relation toxique, c’est quoi ?

Une relation toxique, c’est lorsque l’un ou les deux parties d’une relation se sentent mal à cause de la relation qu’ils entretiennent. Cela peut s’exprimer par un mal-être, un inconfort, allant jusqu’à un état de morosité ou de violence envers l’autre.

La relation toxique peut prendre plusieurs formes, mais se caractérise souvent par un déséquilibre au sein de celle-ci. Lorsque l’un des partis profite de vous, par exemple. Par opposition, une relation saine est une relation équilibrée et réciproque.  Quelle qu’en soit la raison, si vous êtes en lien avec une personne qui ne veut vous pas du bien, alors c’est trop tard, la relation toxique est établie, et se révèlera tôt ou tard de manière limpide. Qu’ils vous veulent du mal, vous manipulent, veuillent profiter de vous ou encore vous contrôler, peu importent les raisons qui peuvent motiver ce genre de rapport : si relation toxique il y a, vous devez couper les ponts, pour votre propre bien.

Relations nocives

Comment savoir si mes parents sont toxiques ?

La relation toxique devient également complexe lorsqu’il s’agit de l’un des parents. En effet, à la différence d’un supposé ami ou d’un prétendant, on nous inculque que les parents seront toujours présents dans la vie de leur enfant. Mais rien n’est immuable.

Tout d’abord, il est essentiel de discerner comportement toxique, et volonté d’éducation. Une mère qui vous dit non pour aller en boîte de nuit à quinze ans n’est pas un parent toxique. Ce n’est donc pas lorsque l’éducation vous déplaît qu’il faut parler de relation toxique.

Nicolas s’interroge… pourquoi sa maman ne lui a jamais dit qu’elle était fière de son travail ? Son copain Georges, lui il a toujours le droit à une glace, lorsqu’il a une bonne note ! 

En revanche, il y a quelques manières d’être ou de faire qui prouvent qu’un parent peut être toxique. Parmi elles, le manque d’empathie, un contrôle extrême, ou encore le fait d’être très critique à tel point de dévaloriser l’enfant ou son travail.

Autre possibilité de reconnaître une relation toxique, ce sont les sentiments, les ressentis que cela éveille en vous. S’il faut faire confiance à son corps, ce n’est pas pour rien : le plus souvent, un symptôme, un mal corporel est l’avertissement que quelque-chose cloche. Ainsi, si vous ressentez une nervosité, de la fatigue ou un mal-être avant ou après avoir vu une personne, vous pouvez considérer que celle-ci vous est toxique car elle aspire votre vitalité. Mais cela peut aller beaucoup plus loin si la relation est ancrée et intense, notamment car elle sera source de stress psychologique, de perte de confiance en soi ou encore de culpabilité.

Il est donc bien important de rester attentif aux signaux du corps, afin de les identifier et de les comprendre au plus vite.

 

Si je veux le bien de mon enfant, suis-je toxique pour autant ?

Vouloir le meilleur pour son ou ses enfant(s) est tout naturel. Mais il faut veiller à toujours penser à l’enfant, avant même ses besoins personnels. En effet, s’il n’y a pas de « Manuel du Bon Parent », ce n’est pas parce que l’on veut le bien de l’enfant, que ce qui est fait ou dit sera bien pour l’enfant.

Il faut savoir différencier je fais ça pour son bien de je fais ça pour ne pas être inquiet(e). Est-ce que ce que vous faîtes pour l’enfant est bénéfique pour lui, ou bien est-ce que cela vous empêche-t-il simplement de vous inquiéter ou de vous mettre en colère ? Ce sont bel et bien les besoins de l’enfant qui doivent primer, et non l’esprit serein de l’adulte.

La maman de Nicolas ne veut pas qu’il aille à l’anniversaire de son copain Georges, car de l’accrobranche est prévue. Elle a peur qu’il se blesse.

À l’inverse, reporter sur lui les peurs et angoisses d’adulte qui peuvent parfois vous enlacer lors d’un instant d’inattention n’est pas sain. C’est une projection de ce que vous ressentez, de votre mal-être, et ce n’est nullement à l’enfant de devoir en payer le prix. Car un jour ou l’autre, cela aura des conséquences…

Quelles conséquences sur l’enfant ?

Un parent toxique aura forcément des conséquences sur le comportement et le bien-être de l’enfant.

« Si Nicolas n’a pas d’amis, c’est parce qu’il est timide, c’est tout ! Ça passera, affirme sa mère. »

Le repli sur soi-même est l’une des premières conséquences d’une relation parent-enfant toxique. En effet, si l’enfant se sent mal chez lui, cela ressortira dans son comportement. Isolement, replis sur soi, difficultés à aller vers les autres… les conséquences sont multiples. Sa confiance en lui est altérée, et la culpabilité peut également s’emparer de lui. Par conséquent, ses relations avec les autres ne sont pas évidentes, et la méfiance est de mise. Il pourra également être empli d’une grande méfiance. Dans tous les cas, toutes ces conséquences sont destructrices pour l’enfant, et son développement en tant qu’individu.

    

Et pour sa vie future ?

Selon la relation toxique qu’il a connu, l’enfant aura un certain comportement dans sa vie adulte. Reproduira-t-il le schéma qu’il a dû supporter enfant ? Ou bien fera-t-il en sorte de ne pas perpétuer un lien toxique avec ses propres enfants ?

Nicolas a aujourd’hui trente-quatre ans, et lui-même une famille. S’il a subi une relation toxique avec sa mère, il est désormais un adulte accompli et heureux.

Et pour cause, le comportement toxique d’une personne dépend surtout de son comportement et caractère. Chaque personne a sa propre façon de réagir face aux événements. Ainsi, pour un même événement vécu, il y aura autant de réactions différentes qu’il y a de personnes faisant face à la situation. Ainsi, personne n’est condamné à reproduire ce qu’il a connu.

Mais comment Nicolas s’en est sorti ?

Comment se défaire d’une relation toxique ?

Une fois que la relation toxique a été identifiée, la personne victime de ce lien oppressant peut tout à fait s’en défaire. Comme toute guérison, c’est un processus long qui demande beaucoup de travail et de patience. Mais il est tout à fait possible de s’en sortir. Pour cela, ne pas hésiter à ouvrir le dialogue afin de discerner deux situations distinctes : soit la personne prend conscience de son comportement et œuvre pour le modifier, soit elle ne reconnaît pas en les propos tenus sa façon d’agir et de parler, ce qui n’ouvre aucune porte directe.

« Je ne comprends pas ce que tu me dis, Nicolas. À tes yeux, je suis donc un monstre qui te fait du mal, s’exclamait sa mère ».

Toutefois, dans les deux cas, le soutien d’amis ou d’autres membres de la famille permet de trouver une nouvelle voie plus calme afin de continuer à se construire loin du lien toxique.

Par ailleurs, que la personne toxique ait reconnu ou non l’être, il est tout à fait possible et acceptable de faire appel à des professionnels qui vous permettront de parler à cœur ouvert et de porter un œil nouveau sur la situation.

Certaines autres disciplines comme le yoga, la méditation ou encore la sophrologie permettent de se retrouver, et de se détacher de la situation qui cause du tort. Gardez toujours à l’esprit que rien n’est immuable, et que le dialogue permet souvent de désamorcer les situations.

Faut-il obligatoirement rompre le lien ?

Rompre le lien est malheureusement parfois nécessaire et inévitable.

A dix-huit ans, Nicolas est parti faire des études à l’autre bout du pays. Il a rompu le lien avec sa mère pendant deux ans.

On dit qu’il faut laisser le temps au temps… Pourquoi ça a été bénéfique ? Parce que dans certaines situations, seule la distance permet de prendre du recul sur les choses. Le fait de ne pas avoir à cohabiter avec la personne toxique, de devoir la supporter et se sentir mal en permanence peut permettre à l’enfant de mieux s’épanouir ; et pour cela, il n’est jamais trop tard.

De son côté, le parent toxique, également par l’absence de l’enfant, pourra être plus facilement ouvert et se rendre compte de ses actes et paroles. Lui aussi pourra prendre du recul sur la situation, peut-être même en vue de reprendre contact un jour.

Lorsqu’il s’est senti prêt, il a envoyé un message à sa mère, pour prendre de ses nouvelles. Elle lui a répondu calmement et sans animosité. Depuis, ils se parlent une fois par semaine par messages.

Y aller pas à pas…

Il ne faut jamais précipiter les choses. Ce qui doit arriver arrivera. Ainsi, si l’enfant ou le parent ressent le besoin d’un jour reprendre le contact, ils en auront la possibilité selon la disposition de l’autre et l’état d’esprit dans lequel il se trouve. Forcer les choses, en revanche, reviendrait à retourner en arrière, dans une situation tendue, malaisante voire blessante ; en somme, une relation toxique. Et personne ne le veut !

Nicolas n’a pas eu envie de contacter sa mère pendant deux ans. Il avait besoin de ce temps pour se trouver.

Au final, il ne s’agit peut-être que de cela : comprendre qui l’on est, pour savoir ce que l’on veut. Se trouver, et découvrir ce à quoi l’on aspire. Et lorsque la situation du foyer ne le permet pas, alors il faut le faire seul.

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