Le mot « procrastiner » que personne ne connaissait, il y a encore quelques années, est devenu très à la mode. On le voit un peu partout, avec une connotation très négative. Avant les parents disaient « il ne faut jamais remettre au lendemain ce que l’on peut faire le jour même ». Aujourd’hui, les parents disent « arrête de procrastiner ». C’est plus rapide, me direz-vous (rires) !

En fait, ce n’est pas si anodin de procrastiner. Pour certains, c’est presque un mode vie. Quand cela concerne les ados ou les plus jeunes, c’est très souvent associé à de la fainéantise. Mais dans une majorité de cas, c’est un peu plus compliqué que cela. C’est très souvent synonyme de mal-être.

Alors même s’il y a quelques astuces pour moins procrastiner, si l’on veut vraiment en guérir, la première étape, c’est d’en connaître la cause. Et une fois la cause trouvée, il faut travailler pour chercher des solutions (et les appliquer, c’est encore mieux !). Car la procrastination peut devenir un vrai calvaire non seulement pour celui qui la subit mais aussi pour les proches.

Qu’entend-on par procrastination ?

La procrastination, c’est remettre systématiquement à plus tard ce que l’on devrait faire à un instant t.

Mais, c’est surtout se trouver des excuses pour ne pas faire ce que l’on a à faire.

Les exemples ne manquent pas, et nous avons tous au moins une fois dans notre vie, procrastiner.

Alors, si vous remettez de temps en temps, le fait de faire votre vaisselle au lendemain, ce n’est pas bien grave. Sous réserve bien sûr, que vous ne fassiez pas cela, tous les jours pendant un mois (rires). Mais dans d’autres situations, dans le milieu professionnel, par exemple, cela peut avoir des conséquences plus néfastes.

Par exemple, au début de mon aventure d’autoentrepreneur, je tenais à jour tout ce qu’il se passait. Dès que j’avais un courrier, je le rangeais, je gérais mes factures dans le moment, j’appelais les gens ou les organismes dès qu’il le fallait. Puis au fur et à mesure, prise par toutes mes activités, j’ai laissé traîner certaines tâches, en me disant, je le ferai demain. Et ainsi de suite. Eh bien, je peux vous dire, que je me suis vite aperçue du temps considérable que je perdais. Je ne me souvenais plus où j’avais mis certains papiers, je ne savais plus qui et quoi facturer, etc., etc. Au lieu de passer cinq minutes à faire quelque chose, j’en passais parfois vingt ! Au total, énormément de temps perdu. Et quand on est autoentrepreneur, le temps c’est de l’argent.

Pourquoi avons-nous tendance à procrastiner ?

En fait, il se trouve que l’on a tous tendance à faire en priorité, d’une part ce qui est le plus urgent, et d’autre part ce qui nous plaît le plus. En même temps, c’est humain ! Mais finalement, à force d’agir ainsi, cette attitude se retourne contre nous. Et ce que nous avions déjà peu envie de faire, devient une véritable corvée. Car tout s’est accumulé. Quelles en sont les principales causes ?

La peur de ne pas être à la hauteur ou la peur de ne pas maîtriser le résultat

Pour certains, la procrastination peut être due à de l’anxiété. Par exemple, vous devez prendre un rendez-vous professionnel ou médical, mais vous repoussez sans arrêt le coup de fil pour fixer votre rendez-vous, car vous craignez le résultat de ce rendez-vous. Vous ne maîtrisez pas son issue alors vous stressez, et vous repoussez.

Une mauvaise notion du temps

La procrastination peut également toucher des individus qui ont une mauvaise estimation de la notion du temps. Pour eux, cinq minutes sont une éternité, et ils ont l’impression que cette tâche, qu’ils vont repousser, va leur gâcher en grande partie leur journée. Elle prend une dimension temporelle surévaluée.

À l’inverse d’autres se disent, « oh je n’en ai que pour dix minutes, je le ferai demain », alors que cette tâche va leur prendre des heures.

Le souci de la perfection

D’autres auront tendance à repousser des tâches car ils sont trop dans la maîtrise. Ils veulent que le résultat soit parfait, et préfèrent ne rien faire plutôt que faire quelque chose de moyen. Et pour finir, ils ne font rien.

Quelles sont les conséquences de la procrastination ?

Sur soi-même

La procrastination engendre avant tout du stress et une forte culpabilité. En effet, même si la plupart des procrastineurs semblent nonchalants, ils sont tous conscients qu’ils n’ont pas fait ce qu’ils avaient à faire. Et plus ils reportent, plus ils paniquent, plus ils stressent et plus ils culpabilisent. Sans compter que ce qu’ils devaient faire finit par être mal, ce qui génère, en plus, de l’insatisfaction.

L’exemple le plus parlant demeure celui des étudiants qui attendent le dernier moment pour réviser avant un examen.

Vis-à-vis des autres

Les procrastineurs passent souvent aux yeux des autres pour des fainéants. Des personnes sans volonté, des faibles… L’image du procrastineur n’est pas bonne dans notre société où l’on doit montrer que l’on est au top. La procrastination est synonyme de faiblesse, de paresse. Dans le milieu professionnel, où l’on demande sans cesse d’anticiper… procrastiner est synonyme de « tire-au-flanc ».

Comment ne plus procrastiner ? Ou comment moins procrastiner ?

Vous l’aurez peut-être déjà compris : il n’y a, ni potion magique, ni méthode miracle. En plus, tout dépend aussi du stade où en est la personne. Voici quelques préconisations.

Ranger son espace

Un préalable est de se configurer un espace propre et rangé. En effet, faites l’expérience, mais on est beaucoup plus motivé quand on travaille dans un environnement où l’on se sent bien, et que l’on a soi-même rangé et adapté à nos habitudes. On éprouve toujours une certaine satisfaction.

Travailler sur son organisation

Le plus souvent, la procrastination est un problème d’organisation ou plutôt de « manque d’organisation ». Alors, si vous faites partie des grands procrastineurs, vous devez vous imposer d’avoir une meilleure visibilité de ce que vous avez à faire. La plupart des gens qui procrastinent se laissent un peu aller au gré du vent. Ils savent « en gros », ce qu’ils ont à faire, mais ils ne planifient rien.

En prévoyant et en organisant votre journée ou votre semaine, vous y gagnerez beaucoup.

Par exemple, si vous travaillez à votre compte, et que vous remettez systématiquement votre comptabilité aux calendes grecques parce que vous n’aimez pas particulièrement faire cela, eh bien vous vous obligez à vous fixer des plages horaires ou des jours dédiés à cette tâche. Le vendredi après-midi, par exemple, décidez de le consacrer à votre comptabilité : vous faites vos courriers, vos factures, vos suivis…

Si vous repoussez sans cesse d’aller faire vos courses, organisez-vous : fixez-vous un rythme régulier. Décidez de faire systématiquement vos courses, le lundi soir, par exemple. Vous serez tranquille toute la semaine.

Faire des to-do-lists

Dans le même esprit, vous pouvez également faire des « to-do-list » de votre semaine. Et chaque jour vous vous obligez à faire une tâche. Vous verrez que vous prendrez un certain plaisir à barrer la tâche que vous avez faite. Ce qui vous encouragera à faire la suivante, car inconsciemment vous savez qu’une fois toutes les notes barrées, vous vous sentirez bien.

Évaluez correctement le temps que vous allez passer sur la tâche

Dès que vous vous dites, « bon, je le ferai demain », STOP. Immédiatement dans votre tête, posez-vous la question : combien de temps ça me prendrait de le faire tout de suite ? En effet, on remet parfois à plus tard des choses qui ne nous prennent que 5 minutes… Mais comme nous en avons l’appréhension, notre cerveau nous fait croire qu’elle va durer une heure. Un exemple, changer ses draps et sa housse de couette. Quand on n’aime pas faire cela, on a l’impression que ça va nous manger tout l’après-midi ! Alors que croyez-moi, montre en main, ça prend moins de 5 minutes.

Et si une tâche demande beaucoup de temps et d’énergie, découpez-la en plusieurs étapes. Et fixez-vous des délais pour les réaliser. À chaque étape réalisée, vous en tirerez de la satisfaction. Ce qui vous motivera.

Petit mot sur la procrastination positive

En même temps, il ne faut pas non plus être trop catégorique. Tout n’est pas à bannir dans la procrastination. Il est également important pour son bien-être de s’accorder de temps en temps le droit de procrastiner. En effet, il est bon, et même souhaitable, de temps en temps de se dire : Je le ferai demain ! Et sans culpabiliser. Tout est toujours une question de « juste milieu » dans la vie.

 

 

Que conclure ?

La procrastination est souvent une façon de s’autoprotéger. On ne veut pas quitter sa zone de confort, on s’y sent bien, et s’en éloigner fait peur. C’est aussi associé à une mauvaise estime de soi.

La plupart du temps, la procrastination conduit à du stress et à de la culpabilité. Il est clair qu’en essayant de moins procrastiner, on peut se sentir mieux. Mais dans un monde où l’immédiateté est devenue un véritable mode de vie, on a de plus en plus tendance à agir dans l’instant, et à ne plus hiérarchiser ce que l’on fait.

La solution qui demeure la plus efficace est sans aucun doute d’apprendre à s’organiser. La difficulté consiste ensuite à se tenir à ce que l’on s’est fixé. Pour cela, il faut beaucoup de volonté, et ce n’est pas évident pour tout le monde de la trouver.

Mais à mon avis, la procrastination n’est qu’un symptôme de quelque chose de plus profond. Et le meilleur moyen de s’en débarrasser, c’est de connaître le « pourquoi », on procrastine. Il faut donc travailler sur soi, prendre conscience que la procrastination nuit au bien-être, et mesurer tous les bienfaits que l’on peut tirer en modifiant certaines de nos attitudes.

 

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2 thoughts on “LA PROCRASTINATION : comment en sortir ?

  1. Magnifque article Charlotte. C’est un phénoméne qu’on retrouve de plus en plus chez les personnes qui veulent être entrepreneur mais qui ne voit que le côté positif c’est-à dire travailler à son compte, la liberté etc… mais comme tu le dis si bien dans l’article, pour être un entrepreneur, le temps c’est de l’argent mais surtout de l’organisation et de l’investissement sur soi-même. en tout cas j’aime beaucoup cette energie positive que tu dégages. BRAVO continue comme ça !

    • Merci beaucoup ! Quelle merveille que de recevoir des commentaires aussi positifs, c’est un réel plaisir !
      Tu comprends bien l’univers des entrepreneurs et sais toi-même de quoi je parle !
      Au plaisir de te lire si tu lances un blog un jour aussi.

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