Sororité : phénomène de mode ou réelle conviction ?

17 juin 2022 - 0 commentaires

Depuis le #MeToo, le féminisme prend une place de plus en plus importante dans la société. Les femmes se serrent plus les coudes, se soutiennent, s’encouragent et luttent ensemble contre tout un système patriarcal existant depuis des siècles. Réclamant l’égalité des sexes, le féminisme ne cesse d’évoluer pour s’adapter aux inégalités qui persistent. Depuis quelques années, c’est en particulier le concept de sororité qui semble interpeller la plupart des gens. Alors est-ce une réelle conviction, ou simplement une mode éphémère ?

                   

Petite histoire de la sororité

Le terme sororité vient de « soror » qui veut dire sœur, cousine en latin. Selon le contexte, le mot « soror » peut également se traduire par compagne, semblable, pareille. Il y a donc une forte notion de lien voire d’égalité dans le mot sororité. Et ça tombe bien, car c’est exactement ce que traduit ce concept !

La sororité, de nos jours, désigne en effet une attitude de solidarité féminine. La sororité est le fait de s’entraider entre femmes. Bien souvent, le terme de sororité est placé en opposition avec celui de fraternité, à tort.

Si le terme n’éclot que dans les années 1970, le concept, quant à lui, date d’il y a plusieurs siècles. C’est ainsi que l’on pouvait observer, au Moyen-Âge, des communautés entières de femmes placées sous l’autorité des hommes. Elles pouvaient se transmettre le savoir entre elles et apprendre dans des lieux sécurisés. Ces espaces étaient en premier lieu réservés aux femmes très religieuses.

Un peu plus tard, ce sont « Les Béguines » qui instaurent elles aussi ce modèle de communauté dite « non-mixte ». Souvent veuves, elles tentent avant tout d’échapper au remariage que la société moyenâgeuse et les familles imposent. Dans ces communautés, elles sont libres. Elles bâtissent leur maison, vivent ensemble, cultivent leur potager, apprennent à la bibliothèque et vivent en connaissant une émancipation totale.

Depuis les années 2000, le terme revient en force. La sororité est désormais le cri de ralliement pour toutes les femmes qui ont été oubliées lors de la création de la Constitution. Droits des Hommes, fraternité… les femmes ont dû se battre pour acquérir leurs droits et les conserver. Aujourd’hui, pourtant, de nombreuses inégalités persistent. Récemment, c’est le droit à l’IVG qui est remis en cause aux États-Unis…

 

La sororité de nos jours

Lorsque l’on parle de sororité, aujourd’hui, cela va au-delà du féminisme. Il ne suffit pas de soutenir les femmes dans leur réussite ou leur échec, ni de les féliciter lorsqu’elles obtiennent –enfin- le job de leur rêve. La sororité, c’est ne faire plus qu’une avec toutes les autres femmes pour lutter contre le patriarcat. Car le système, qu’on le veuille ou non, a non seulement été créé par des hommes, mais aussi pour des hommes.

La sororité, c’est abolir les idées intériorisées à cause de ce système patriarcal. C’est pouvoir regarder une femme sans se sentir en rivalité avec elle. Plus simplement, il s’agit de se libérer du carcan patriarcal et de tout ce qu’il pense, exige, impose des femmes.

 

Comment ajouter de la sororité dans son quotidien ?

  • Arrêter de se comparer aux autres : car il n’y a aucune compétition entre les femmes, la sororité prône le soutien plutôt que les rivalités.
  • Se réjouir de la réussite des autres femmes : la société a tendance à mettre en avant celui qui réussit. Mais, et si on soutenait les femmes qui réussissent ? Quand elles doivent encore lutter pour être payées de la même manière que leurs homologues masculins et que le plafond de verre est difficile à briser… Cela ne nous empêche pas de briller également, bien au contraire, il y a assez de place pour toutes.
  • Filtrer les critiques : avoir des opinions différentes, c’est une chose. Mais souvent, les femmes ont entre elles ce regard dur, presque méchant. S’en libérer permet d’apprendre les unes des autres et surtout, de se sentir davantage libre.
  • S’entourer de femmes qui nous font du bien : la sororité, ce n’est pas aimer toutes les femmes – ce serait bien impossible. Mais s’entourer de femmes qui nous permettent de nous sentir mieux, d’évoluer, de progresser… ça fait toute la différence !

La sororité se traduit par des petites habitudes que l’on peut mettre en place au quotidien. L’objectif étant de valoriser les femmes dans différents aspects de la vie. À terme, cela permet de se libérer du regard masculin, de l’approbation des hommes –et donc de leur pouvoir-, et de se sentir plus libre.

 

Les limites de la sororité

Comme tout concept, la sororité présente elle aussi des limites. La discréditation est souvent associée au mouvement féministe et à la sororité. Car depuis le mouvement MeToo, si la parole se libère, les critiques aussi. Mais peut-être pas à tort…

En effet, la sororité, sur le papier, paraît être un très bon concept. Mais dans les faits, beaucoup de personnes n’y voient qu’un prétexte pour se faire remarquer, attirer l’attention ou encore un moyen non pas d’obtenir l’égalité avec les hommes, mais bien de les surpasser.

Cela pose notamment la question de savoir si la sororité est alors une réelle conviction, ou simplement un phénomène de mode. Après tout, les grandes marques de la société capitaliste n’hésitent pas à créer des t-shirt en revendiquant la sororité, tout comme certaines féministes présentent leur dernier livre en date.

La parole s’est-elle enfin suffisamment libérée pour pouvoir appréhender une nouvelle ère sociétale, dans laquelle les femmes seraient respectées, soutenues, et finalement, les égales des hommes ? Ou bien s’agit-il d’une tendance dans un monde superficiel, qui finira par se positionner dans un nouveau combat dans quelques semaines ?

Il est toujours fastidieux de démêler le vrai du faux, surtout quand il s’agit de concepts aussi récents sur lesquels nous n’avons pas vraiment de recul. Tout ce que l’on peut dire aujourd’hui, c’est que l’idée de la sororité est principalement reprise par les féministes et expliquée comme étant, non pas l’opposé de fraternité, mais bel et bien un ensemble permettant d’inclure les femmes dans les liens sociaux.

 

Adelphité is the new sororité ?

Plus récemment encore, le terme sororité s’est vu voler la vedette par celui de « adelphité ». Cette idée désigne un ensemble, une alliance non plus seulement des femmes, mais bel et bien de toutes les personnes minorisées, qui subissent encore des injustices. Terme beaucoup plus inclusif, il est souvent préféré dans le milieu féministe à sororité, car il permet de s’adresser également aux personnes non-binaires ou transgenres, et plus seulement aux femmes.

 

En quelques mots…

La sororité se veut un terme innovant, voire révolutionnaire. Toutefois, la question se pose de savoir ce qu’il représente vraiment et surtout, si cela n’est pas seulement un phénomène de mode. À travers l’histoire, les femmes ont prouvé qu’elles pouvaient bien s’extraire de la société patriarcale pour pouvoir s’émanciper et vivre en parfaite autonomie. Elles ont acquis de nombreux droits, mais il ne faut jamais oublier que ceux-ci peuvent nous être repris.

Le terme de sororité pourrait bien en effrayer certains et en laisser d’autres dubitatifs. Mais il est indéniable qu’au cours des dernières années, le mouvement féministe n’a cessé de croître et prendre de l’importance. Car au final, si les termes changent, le combat n’est-il pas toujours le même ?

Personnellement, je soutiens l’égalité des sexes. Mais peut-être que je ne me reconnais pas dans la sororité, du moins pas aussi pleinement que d’autres. Nous vivons tous des injustices à différents niveaux, et il faut y faire face, se soutenir, s’aimer, s’entraider quand c’est possible. Sans oublier pour autant qu’avant d’aider les autres, il faut s’aider soi-même.

Je suis Charlotte Vallet, hypnothérapeute à Paris. Je propose différents soins, comme des séances d’hypnose ou encore des soins thérapeutiques pour le corps ou le visage.

Vous pouvez prendre rendez-vous sur Doctolib.

Vous pouvez en apprendre davantage sur moi en écoutant le podcast dans lequel j’ai été interviewée ou en écoutant mon podcast Combattantes.

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